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Les trois piliers de la résilience alimentaire urbaine

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Les trois piliers

de la résilience alimentaire urbaine

Assurer la résilience du système alimentaire, c’est aussi maintenir le fonctionnement conjoint des infrastructures énergétiques et hydrauliques.

Les villes doivent identifier les maillons faibles de la chaine : ceux qui sont fragiles et dont l’interruption mènerait à un effondrement du système.

La flexibilité, c’est-à-dire la capacité à passer d’un point du système à un autre, est centrale pour assurer sa résilience.

L’alimentation, l’énergie et l’eau sont trois ressources étroitement liées. Quelles sont les implications pour le système alimentaire d’une ville ? Comment la connaissance de ces liens renforce-t-elle sa résilience ? Des chercheurs de la New York University ont développé une méthodologie pour aider les villes à cartographier, et agir sur, les liens entre alimentation, eau et énergie.

Visualiser les interdépendances et les interconnections

Les chercheurs ont créé une carte « énergie-alimentation-eau » pour les systèmes alimentaires. Comment cela fonctionne-t-il ?

  • Tout d’abord, ils élaborent une cartographie du système alimentaire. Pour cela, ils documentent chaque étape de la chaine, depuis l’endroit où l’alimentation entre dans l’aire urbaine jusqu’à celui où elle est jetée. Plus il y a d’étapes, plus la carte est étoffée. Par exemple, la préparation de l’alimentation peut mener à son stockage, son conditionnement ou à la distribution, etc.
  • Ensuite, ils ajoutent des strates supplémentaires pour capturer les systèmes énergétiques et hydrauliques sur lesquels la chaine alimentaire repose. En effet, chaque étape dans le système alimentaire requiert de l’eau et de l’énergie. Le volume de la demande dépendra du type d’aliment (transformé ou non), du besoin de transport, de réfrigération, de stockage… L’intensité d’usage en énergie et en eau dépend des chaines alimentaires et des aliments concernés.

La carte montre les interdépendances entre les ressources en eau et celles en énergie. Par exemple, des pompes à l’eau nécessitent de l’énergie, et la production d’énergie a besoin d’eau.

Les villes peuvent ainsi générer un plan en trois strates, chacune représentant un type de ressources (alimentation, eau, énergie). Cela permet de visualiser les interdépendances et interconnections qu’il est souvent difficile de se représenter. Cela rend tangible l’infrastructure sous-jacente de nos villes.

Identifier les principales vulnérabilités

Une cartographie de ce type peut appuyer la recherche de résilience contre les risques naturels (inondations, tempêtes…) ou technologiques (cyber-attaques…).

Cela permet d’identifier les maillons faibles de la chaine, ceux qui sont fragiles et dont l’interruption mènerait à un effondrement du système. Pour s’en protéger, les villes pourraient réfléchir à doubler leur infrastructure (par exemple, un générateur de secours qui prend la relève si la source d’énergie principale ne fonctionne plus), ou à diversifier leurs sources d’énergie (par exemple en investissant dans des énergies renouvelables locales). Cela pourrait éviter, notamment, qu’une interruption de l’approvisionnement en énergie ou en eau empêche la transformation alimentaire. Ainsi, il est possible que l’infrastructure la plus stratégique pour une ville soit une unité de production d’énergie localisée bien en dehors de son périmètre administratif.

Cette démarche permet également aux villes de définir des procédures opérationnelles pour faire face à un évènement. Par exemple, elles peuvent tester des scénarios en retirant une étape de la chaine. Comment les flux alimentaires se ré-ajusteront-ils ? Rae Zimmerman, co-auteure de l’article, rappelle que la flexibilité, c’est-à-dire la capacité à passer d’un point du système à un autre, est centrale pour assurer sa résilience. En effet, un système est résilient quand l’impact d’une perte peut être réduit ou atténué.

Vers des efforts coordonnés

D’après Quanyan Zhu, autre co-auteur de l’article, il est important de comprendre qu’on ne peut assurer la résilience qu’en maintenant le fonctionnement conjoint des infrastructures alimentaires, énergétiques et hydrauliques. Se focaliser sur une seule de ces infrastructures n’est pas suffisant.

Cela requiert de la coordination :

  • Entre acteurs, dans la mesure où les infrastructures stratégiques sont généralement détenues par un grand nombre d’acteurs différents. Ceux-ci n’ont pas l’habitude de travailler ensemble et de s’intéresser aux équipements en dehors de leur périmètre, et, encore moins, de partager leurs données. Le fait de cartographier les liens entre les infrastructures peut ainsi être un bon moyen de rassembler ces parties prenantes et de leur faire prendre conscience que leur propre résilience dépend d’autres infrastructures.

Entre échelles, car de nombreuses infrastructures ne sont pas gérées à l’échelle de la ville. Ainsi, il est possible que les villes s’aperçoivent que la résilience de leur système alimentaire repose sur des décisions prises par des gouvernements régionaux ou locaux.

 

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